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L'ETL : un champ d'application étendu
Par Olivier Bibard, Décision Micro
Le 17/06/2002.
http://www.01net.com/rdn?oid=189119
De l'alimentation d'un data warehouse ou d'un progiciel à partir
de sources hétérogènes à l'interface entre PGI, les logiciels
d'ETL offrent de multiples fonctions.
Longtemps réservés aux grands comptes, les outils d'extraction
traînent une réputation de complexité largement usurpée. Les
utilisateurs rencontrés sont unanimes : les ETL (Extract, Transform
and Load) sont des logiciels « comme les autres ». En revanche,
ils surprennent par l'étendue de leur champ d'application. Alain
Chapelet, directeur de l'informatique de gestion des éditions
du Juris-Classeur, énumère les utilisations d'Amadea, le logiciel
d'ETL du français ISoft : « Il nous sert aussi bien à alimenter
notre nouveau progiciel de gestion intégré qu'à approvisionner
notre entrepôt de données ou encore à réaliser du reporting
sur les données de production. »
Pour Hervé Reibel, responsable des études et des développements
informatiques de Bellini-Gutenberg, l'ETL est un moyen de faire
dialoguer entre eux plusieurs progiciels différents et d'alimenter
des entrepôts de données. Autre avantage de l'ETL, comme le
détaille Hervé Reibel, utilisateur de DataStage, d'Ascential
: « Les outils de développement classiques, liés à des bases
de données comme FoxPro ou Access, n'ont pas les performances
des ETL. De plus, ils constituent plusieurs applications à administrer.
» Un point de vue partagé par Éric Bouillet, responsable
de l'informatique de MPO France : « Nous avons décidé de
développer toutes les interfaces avec un seul outil, Sunopsis.
» Quant aux résultats, ils semblent à la hauteur. Chez Bellini-Gutenberg,
les temps d'alimentation des entrepôts de données ont été divisés
par quatre. « Nous avons été surpris par les performances
du système, s'exclame Alain Afios responsable développement
des systèmes d'information pour le département clinique d'Aventis.
Nous utilisons PowerCenter d'Informatica pour
donner aux utilisateurs, par le web, l'accès aux informations
contenues dans des systèmes hétérogènes. Tout s'effectue de
manière dynamique et l'extraction, la transformation et l'alimentation
de la base cible avec 2,5 Go de données ne demandent que quatre
heures. »
Avec un tel potentiel d'utilisation, la sélection d'un logiciel
d'ETL apparaît dépendante de nombreux paramètres. Parmi ceux-ci, les
compétences internes à l'entreprise, notamment pour choisir
entre un ETL orienté SQL, qui demandera une certaine connaissance
de ce langage, et un ETL fonctionnant à l'aide d'un langage
propriétaire. « ActaWorks, d'Acta, est un outil très graphique
mais demande de connaître un minimum de SQL, illustre Franck
Zecchin, expert en décisionnel chez Pechiney. En revanche,
avec lui, une application de transformation peut être reprise
par quelqu'un d'autre que son concepteur. » A contrario,
Alain Chapelet désirait un outil sans besoin de programmation
SQL : « Un ETL orienté SQL demande un débogage des procédures.
»
Mais l'utilisation d'un outil d'ETL n'est pas si complexe, car la
majorité des fonctions restent standards, presque intuitives. Alain
Chapelet le reconnaît bien volontiers : « Pour nous, insérer
un opérateur de transformation consiste à faire glisser une
icône à l'écran ! Nous visualisons le résultat en temps quasi
réel. Au final, la construction d'un processus demande moins
d'une journée. » Quelques jours de formation suffisent pour
découvrir l'outil. Quant à la mise en oeuvre du logiciel d'ETL,
tous les témoignages concordent sur sa relative facilité.
« Pour réaliser la connexion entre nos progiciels et nos entrepôts
de données, nous avons été opérationnels au bout d'un mois
, témoigne Hervé Reibel. C'est un outil qui s'installe en
une heure », reconnaît Franck Zecchin qui souligne cependant
la nécessité de réaliser plusieurs transformations afin d'acquérir
de l'expérience. Car la manipulation des opérateurs de transformation
n'est pas si simple. Franck Zecchin se souvient du manque de
compétences des intégrateurs. « Nous avons utilisé ActaWorks
en 1998 et, à l'époque, il nous a été difficile de trouver des
partenaires extérieurs qui connaissent bien le produit. Nous
avons fini par former du personnel en interne. » Une mauvaise
expérience que n'a pas vécue Éric Bouillet : « Le recours
à un prestataire de services externe pour la mise en oeuvre,
nous a permis de nous concentrer sur les besoins fonctionnels.
» Agréablement surpris de la stabilité de Sunopsis, le responsable
informatique de MPO France n'a rencontré qu'un seul bug, très
vite corrigé.
Mais le coût du logiciel d'ETL est à la hauteur de ses capacités.
Les licences constituent l'essentiel des dépenses. « Un projet
ETL à moins de 46 000 euros n'est pas concevable, souligne
Alain Chapelet. Cela se mène un peu comme un projet d'EAI.
Il y a des produits peu coûteux mais dont les connecteurs vers
des logiciels spécialisés se paient très cher. Il faut penser
dès le début à toutes les connexions dont on pourra avoir besoin
par la suite. » Pour Hervé Reibel, la facture a été de l'ordre
de « quelques dizaines de milliers d'euros. Des chiffres
à rapporter aux journées de développements si nous avions choisi
de tout faire nous-même. Nous avons tout rentabilisé en un an.
»
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