Le Monde Informatique n° 949 du 06/09/2002 (p28)

Mise en œuvre

Un ETL à tout faire

Les Editions du Juris-Classeur ont imaginé pour leur ETL (alimentation d'entrepôt de données) un éventail d'applications qui vont au-delà de l'utilisation traditionnelle, reprise et interface, de ce type d'outil.


Un logiciel ETL (extraction de données et alimentation d'entrepôt) méconnu pour des applications inédites… Les Editions du Juris-Classeur font dans le non-conformisme. "Tous, consultants ou intégrateurs, ne juraient que par des solutions éprouvées, comme celles d'Informix, d'ETI ou d'Informatica", se souvient Alain Chapelet, responsable informatique de gestion de l'éditeur. Ce sera finalement Amadea, du fournisseur français Isoft, pour des besoins classiques (les interfaces et les migrations entre bases de données) mais aussi des utilisations à la fois atypiques et rentables (la surveillance des bases avec correction automatique des anomalies, des travaux statistiques, diverses extractions, et même des processus métier). "Les besoins ont explosé", témoigne Alain Chapelet, qui met ce succès au crédit du logiciel Amadea, "rapide à mettre en œuvre, convivial, performant, et ouvert". Dans le bilan dressé par l'éditeur, ces qualités compensent largement le prix élevé et les limites fonctionnelles du produit.
En 2001, la quête d'un ETL chez les Editions du Juris-Classeur est motivée par des besoins classiques : la nécessité de faire migrer cinq systèmes de gestion vers le PGI Qualiac, d'alimenter les référentiels, d'interfacer Qualiac et divers outils de gestion. En septembre 2001, la société consulte différents fournisseurs. La solution doit offrir une modélisation graphique et présenter à la volée pour vérification le résultat de chaque étape de processus, être facile à prendre en main, proposer un éventail de fonctions de manipulation des données, telles que le tri, la jointure entre tables de données, le filtre, l'union de requêtes ou la normalisation/dénormalisation, et inclure une palette de connecteurs aux systèmes de données, en particulier aux fichiers C-Isam.

Des solutions coûteuses ou peu adaptées

Neuf solutions sont écartées : DataJunction de l'éditeur du même nom, DataStage d'Informix, Sagent de Sagent Technology, Genio de Hummingbird, ETI*Extract de ETI, Data Interface Designer d'Interface, Informatica, Strategy de SPSS et Sunopsis. "Toutes se montrent insuffisantes pour la gestion graphique des processus et la manipulation des données. Certaines, comme ETI*Extract, ne sont pas compatibles avec le format C-Isam", explique Alain Chapelet. Le responsable juge les prix pratiqués par Interface, Informatica et Sunopsis disproportionnés, en incluant les connecteurs indispensables, au regard des capacités des logiciels. La solution Amadea d'Isoft est finalement retenue, en dépit de son prix élevé (55 000 euros) comprenant une unique licence de développement. Alain Chapelet apprécie de pouvoir composer de nouveaux opérateurs, utiliser des tables ou des fichiers de règles de transformation dans les traitements, stocker des jeux d'essais, disposer de métadonnées et d'opérateurs interactifs (saisie en cours d'exécution de variables)… Amadea comprend environ deux cents fonctions de manipulation de données, inclut un reporting et propose, en cas d'échec, de reprendre un processus à un stade intermédiaire. En revanche, on pourrait regretter que le logiciel repose sur le principe d'exécution en mode client-serveur et ne génère pas de fichiers d'extraction et d'injection personnalisables par l'administrateur. La pérennité d'Isoft (20 personnes) peut de plus paraître incertaine.
Le produit a été installé en une demi-journée par l'éditeur du logiciel et trois personnes ont été formées pendant trois jours. La migration d'Arcole et de PeopleSoft vers Qualiac, avec reprise des tiers et des mouvements comptables (Arcole), a pris un mois et demi. Les interfaces de Documentum et Hypervision (d'ADP GSI) vers Qualiac sont terminées. Sont prévues d'ici à octobre les reprises des systèmes de gestion (JDFact, Legisoft, Gescom) du groupe vers Qualiac. Un processus Amadea optimisé de clôture mensuelle, exportant des données de compte de résultat de Qualiac vers Excel, exécutable en quelques minutes, remplace un programme PL/SQL de quarante minutes. Les Editions du Juris-Classeur ont eu l'idée d'utiliser l'ETL pour surveiller les référentiels non relationnels C-Isam, afin de détecter puis de corriger automatiquement les erreurs. Dans le même esprit, les anomalies sont extraites de Qualiac vers des fichiers Excel, corrigées, puis réinjectées par Amadea dans le PGI. Un infocentre a été constitué en deux mois par un consultant à partir des cinq systèmes de gestion. La charge d'alimentation des référentiels Client et Produit sera ramenée de cinq hommes-jours à un. L'ETL, enfin, sert à extraire des données selon des règles parfois complexes à des fins de marketing ou de statistique, vers des bases de données ou des fichiers. Divers traitements PL/SQL ont été transférés vers Amadea. Tout bien considéré, l'entreprise estime, avec cet ETL, diviser ses coûts de réalisation par 20 par rapport à des programmes de finalité identique écrits en Cobol.

Le Juris-classeur en faits et en chiffres

Secteur d'activité : édition de livres, revues, logiciels, bases de jurisprudence…, à destination des professionnels du droit, sur papier, CD-ROM et Internet

Chiffre d'affaires : 95,3 millions d'euros en 2001

Effectifs : 680 salariés

Environnement technique : • 700 postes de travail sous Windows 95, 98, 2000, XP. • 3 serveurs Sun Enterprise 420 sous Solaris 2.8 • 4 serveurs HP sous Windows NT4 • Gestion des données : Oracle 8i, SQL Server 7, fichiers C-Isam

Problématique : Rentabiliser les données Réaliser les interfaces et les reprises de données (comptabilité, gestion des ventes et abonnements, des clients et des produits…) liées à la mise en place du système Qualiac. Accéder aux données de sources multiples, les transformer et les transférer sans difficultés.

Solution adoptée Logiciel d'extraction de données et d'alimentation (ETL) Amadea d'Isoft.

Calendrier : • Septembre 2001 : cahier des charges • Octobre 2001 : achat d'Amadea • Depuis octobre 2001 : migration d'Arcole et PeopleSoft vers Qualiac, alimentation de l'infocentre, interfaces Hypervision-Qualiac et Documentum-Qualiac, extractions diverses • Octobre 2002 : migration des systèmes de gestion vers Qualiac ; alimentation des référentiels Client et Produit

Coût : 55 000 euros HT


Eve Langlois

© Le Monde Informatique 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002